27 bonnes nouvelles - récolte du 12 aout 02026
Salut, ça doome ?
De mon côté, j'ai récolté l'entrée en vigueur du droit à la réparation, presque plus de pluies acides, des fermes régénératrices qui survivent mieux aux incendies, le recul de la déforestation amazonienne, des rames de métro avec des moules, la cartographie des rivières du ciel d'Amérique du Sud, des progrès médicaux et du caca de poisson des Maldives.
Bons appétits.
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🍒 Les nouvelles règles européennes du droit à la réparation sont entrées en vigueur
La directive européenne visant à promouvoir la réparation des biens est entrée en application le 31 juillet 2026. "La directive aidera les consommateurs à réaliser des économies, à réduire les déchets, à prolonger la durée de vie de leurs produits et à diminuer les émissions de gaz à effet de serre", explique le Parlement européen.
L'objectif du texte est de rendre la réparation de certains objets (machines à laver, aspirateurs ou encore smartphones) plus intéressante qu'un nouvel achat. (...) Concrètement, la directive prévoit :
-un droit pour les consommateurs de réclamer une réparation aux fabricants pour les produits techniquement réparables comme les lave-linge, les aspirateurs ou les téléphones mobiles ; -que la réparation soit effectuée dans un délai raisonnable et à un prix raisonnable, afin que les consommateurs préfèrent la réparation ; -les fabricants doivent fournir un accès aux pièces de rechange à un prix raisonnable ; -les fabricants doivent fournir des informations sur leurs services de réparation.
Le texte prévoit également de pallier l'absence de pièces de rechange, ce qui limitait de nombreuses réparations. Les consommateurs peuvent demander la réparation du produit même après l'expiration de la garantie légale. Une fois le produit réparé, sa garantie légale sera prolongée de 12 mois. (...) La Commission européenne développe actuellement une plateforme en ligne dédiée à la réparation, qui permettra aux consommateurs de trouver facilement des services de réparation à proximité de chez eux. Cette plateforme devrait être opérationnelle d'ici à 2027.
🍒 Que sont devenues les pluies acides ?
Pas une news techniquement, je suis tombé sur le sujet par rebonds. Et j'étais pas au courant du progrès, moi ça m'a fait plaisir de lire ça. C'est un peu comme les mesures de protection de la couche d'Ozone, des preuves vécues de mon vivant que des mesures écologiques collectives, ça se fait et ça marche.
Au cours des années 1970 et 1980, le phénomène dit des « pluies acides » était l’un des problèmes environnementaux les plus connus en Europe et en Amérique du Nord ; il faisait fréquemment l’objet de reportages dans les médias et était parfois évoqué dans les séries humoristiques de l’époque. Depuis lors, la place occupée par les pluies acides dans les médias a été supplantée par des sujets tels que le changement climatique, le réchauffement planétaire, les questions de biodiversité et d’autres préoccupations environnementales.
(...)
Les dépôts acides ne se limitent pas aux précipitations acides sous forme de pluie. Ils peuvent également se produire sous forme de neige, de grésil, de grêle et de brouillard, et comprennent aussi les « dépôts secs » constitués de particules et de gaz acides, qui peuvent affecter les paysages pendant les périodes sans pluie. Chacune de ces formes de précipitations est considérée comme « acide » si son pH est d’environ 5,2 ou inférieur. (L’eau dont le pH est de 7 est neutre ; toutefois, l’eau de pluie et les eaux de surface sont légèrement acides.) Les excès d’acides proviennent souvent des activités humaines — en particulier de la combustion de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) et de la fusion des minerais métalliques — ainsi que de l’activité volcanique.
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Si les précipitations tombent dans des zones sensibles à l'acidité (...), le pH de l'eau et du sol diminue, ce qui accroît les risques pour de nombreuses formes de vie. Les dépôts acides peuvent réduire le pH des eaux de surface et diminuer la biodiversité en contribuant à la dégradation de la santé des poissons et des invertébrés. Ils affaiblissent les arbres et augmentent leur vulnérabilité aux dommages causés par d’autres facteurs de stress, tels que la sécheresse, le froid extrême et les ravageurs. Les pluies acides peuvent également lessiver du sol des nutriments végétaux essentiels, tels que le calcium et le magnésium, et libérer l’aluminium, lié aux particules du sol et aux roches, sous sa forme dissoute toxique.
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Le problème des pluies acides en Europe et en Amérique du Nord s'est largement atténué grâce à un renforcement des mesures de contrôle des émissions de SO₂ et de NOx, telles que la loi américaine sur la qualité de l'air (Clean Air Act) de 1970, l'accord Canada-États-Unis sur la qualité de l'air de 1991 et des mesures similaires adoptées en Europe. Aux États-Unis, la première phase de réduction des émissions est entrée en vigueur en 1995, suivie d'autres réductions.
🔎 https://www.britannica.com/story/what-happened-to-acid-rain
🍒 Le Liban adopte l’abolition de la peine de mort, une première au Proche- et au Moyen-Orient
Le texte précise que les crimes commis avant l’entrée en vigueur de cette loi seront passibles d’une peine d’emprisonnement à perpétuité. Le pays n’a pas procédé à des exécutions depuis 2004.
Le ministre de la justice, Adel Nassar, a salué une décision « historique », soulignant que, grâce à ce vote, Beyrouth ne serait plus débouté de ses demandes d’extradition de suspects de la part de pays où la peine de mort est abolie.
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Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a salué ce vote « historique et courageux ». Ce vote « montre que le Liban, malgré les épreuves qu’il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu’il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence », a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un « engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort ».
🍒 Carence de l'hébergement d’urgence : l’État condamné par le tribunal administratif de Strasbourg
Dans le combat mené pour l'hébergement d'urgence à Strasbourg, le 28 juillet restera une date mémorable. Le tribunal administratif de Strasbourg a condamné l'État à indemniser la Ville de Strasbourg à hauteur de 242 284,77 euros et le Centre Communal d'Action Sociale de Strasbourg de 294 669,30 euros auxquels s'ajoutent les intérêts et 1 500 euros de frais de justice pour chaque dossier.
Ce qui nous amène presque à 540 000 € en tout.
Pour l'initiatrice du recours contre l'État, la décision "montre l'ampleur de la carence de l'État en termes d'hébergement. La décision est claire : l’État n’a pas respecté ses obligations légales en laissant des familles entières à la rue et en refusant de financer l’hébergement d’urgence à la hauteur des besoins." À plusieurs reprises, à Strasbourg comme dans d'autres villes, c'est la mairie qui a dû prendre en charge l'hébergement d'urgence.
🍒 Bien-être animal : Brittany Ferries renonce au transport d'animaux vivants entre la France et l'Irlande
La reprise du transport d'animaux vivants en bateau entre la France et l'Irlande aura finalement duré moins de deux ans. Brittany Ferries a annoncé ce 4 août la fin de cette pratique entre Rosslare et Cherbourg (Manche). La reprise du transfert de veaux non sevrés par voie maritime en passant par le port de Cherbourg en mars 2025 avait provoqué une vague de protestations de la part des associations de défense des animaux.
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Plusieurs manifestations ont été organisées. Une trentaine de personnes s'étaient rassemblées, par exemple, le 7 avril 2025 au niveau de la gare maritime. "Les veaux sont dans de très mauvaises conditions. Certains animaux meurent pendant le voyage", racontait alors Aurore Darche, la coréférente de l'antenne cherbourgeoise de L214.
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Les réactions des associations de protection des animaux sont unanimes. Brigitte Gothière, la directrice générale de L214, salue cette nouvelle : "Il s’agit d’une victoire historique qui constitue une étape décisive vers la fin de ce commerce honteux."
🍒 Le ralentissement estival fait baisser les émissions de CO₂ en Europe
Les Européens ont une petite réputation : n’essayez pas de travailler avec eux en août, ils seront tous absents de leur bureau. Les Français partent à la mer, les Scandinaves se retirent dans leurs chalets d’été et les Britanniques affluent vers la Costa del Sol espagnole.
Les données sur les émissions de CO₂ suggèrent qu’il y a une part de vérité dans ces clichés. Si les températures estivales plus élevées réduisent naturellement la demande énergétique et les émissions, un ralentissement saisonnier plus général à travers l’Europe contribue également à la baisse des émissions dans les secteurs des transports, de l’électricité et du résidentiel.
🔎https://europeancorrespondent.com/en/r/the-littleknown-benefit-of-our-summer-slump
J'y vois une preuve de faisabilité pour la décroissance. Oui je sais on surproduit le reste de l'année, mais même toute l'année produire moins, travailler moins, polluer moins, avoue ça a son charme.
🍒 Comment le Japon a réduit le nombre de victimes d’un séisme majeur
Lorsqu’un séisme de magnitude 6,8 a secoué le sud-ouest du Japon la semaine dernière, sa puissance rappelait celle des secousses sismiques capables de raser des villes et de faire des centaines, voire des milliers de victimes. Pourtant, sur l’île de Kyushu, ces violentes secousses n’ont détruit ou gravement endommagé que quelques centaines de bâtiments. Une semaine après le séisme, le bilan s’élevait à 38 morts. À Kumamoto, la préfecture proche de l’épicentre, les sismologues et les responsables locaux attribuent ce résultat aux leçons douloureuses tirées il y a dix ans, lorsque deux séismes d’une ampleur similaire avaient ravagé la région, détruisant plus de 8 000 bâtiments et causant au final plus de 270 morts.
(...)
Les élus municipaux ont conçu une nouvelle mairie, inaugurée en 2023, spécialement conçue pour résister à des séismes violents. Même si l’épicentre de la semaine dernière se trouvait à moins de cinq miles de là, la structure en béton et ses longues baies vitrées sont restées intactes. Sous le bâtiment se cachait l’un des secrets de sa survie : un système d’isolation sismique. Dans un passage souterrain faiblement éclairé, situé entre les fondations et le bâtiment au-dessus, un réseau de caoutchouc et d’acier a absorbé et dissipé l’énergie sismique, permettant au sol de se déplacer en dessous tandis que le bâtiment au-dessus restait relativement immobile. Shogo Mitsui, maire d’Uto, a expliqué que ce nouveau complexe incarnait une leçon tirée d’il y a dix ans : lors de la mise aux normes antisismiques, il faut se concentrer sur les infrastructures urbaines critiques afin que les services essentiels ne soient jamais interrompus en cas de crise.
(...)
Dans les villes et hameaux de Kumamoto, les responsables locaux ont indiqué qu’après le séisme de 2016, ils avaient renforcé les réseaux d’intervention locaux destinés à agir dans les heures précédant l’arrivée des équipes d’urgence.À Yatsushiro, l’une des villes les plus durement touchées par le séisme de la semaine dernière, deux enseignantes de maternelle chargées de superviser un centre d’évacuation ont décrit une intervention en cas de catastrophe bien planifiée. Ayant reçu chaque année des rôles spécifiques en cas d’urgence, elles se sont rendues dans une école locale pour lancer les opérations avant même que les responsables municipaux ne les contactent. (...) La résilience de Kumamoto tient également en grande partie aux solutions techniques invisibles intégrées dans ses habitations.
Après avoir parcouru pendant quatre jours les routes les plus proches de l’épicentre, un contraste saisissant s’est imposé : pratiquement toutes les maisons qui s’étaient effondrées semblaient être d’anciennes habitations traditionnelles à ossature bois. Les maisons modernes et les constructions récentes semblaient quant à elles presque entièrement épargnées. À l’échelle nationale, le Japon applique certaines des normes sismiques les plus strictes au monde. Dotées de fondations en béton ancrées dans l’acier et de connecteurs métalliques ultra-résistants qui assemblent les ossatures des bâtiments, les structures modernes sont conçues pour résister à de violentes secousses.
Kuha, des gouvernements qui anticipent autre chose que la dette ?
Et : gningningnin, solutionnisme ! Zonka abandonner le capitalisme là tout de suite et pas faire de villes les japonais. Facile !
🍒 Meta de nouveau condamnée : Facebook et Instagram qualifiés de « nuisance publique »
Si la première sanction a été infligée par un jury, cette fois c’est le juge Bryan Biedscheid qui a ajouté à la facture 567 millions de dollars. Durant la seconde phase de ce procès, le juge devait déterminer si Meta et ses plateformes (Facebook et Instagram, principalement) créaient une « nuisance publique » et, le cas échéant, décider des mesures de protection appropriées. Il l’a confirmé.
La somme devra abonder un fonds de réparation destiné à financer la prévention, le traitement et des mesures contre les dommages causés aux jeunes. Bien que le montant de ce fonds soit inférieur aux 779,5 millions de dollars réclamés par les avocats de l’État américain, sa création est « nécessaire, compte tenu de l’ampleur des répercussions du préjudice et de la complexité de la réparation », a affirmé le juge.En tout, Meta est sanctionnée à hauteur de 942 millions de dollars. Pour une période de cinq ans, le groupe devra en outre mettre en œuvre des dispositifs pour renforcer les outils de vérification et d’estimation de l’âge, passer les comptes Instagram des mineurs en privé par défaut, empêcher qu’un compte de mineur soit recommandé à un adulte n’ayant aucune relation avec le jeune utilisateur, afficher des alertes plus fermes en cas de risque de sextorsion ou de contact suspect, ou encore bloquer l’envoi ou la réception par des mineurs d’images de nudité contraires aux règles de Meta. (...)
Un autre procès doit s’ouvrir dans les prochains jours en Californie : Meta est accusée par les procureurs généraux de quatre États américains d’avoir conçu Facebook et Instagram de telle manière à rendre les jeunes utilisateurs dépendants, tout en trompant le public sur la sécurité de ses plateformes. Selon l’entreprise, cette procédure pourrait représenter jusqu’à 1 400 milliards de dollars en pénalités.
🍒 Le projet Tropicalia abandonné
Imaginé en 2011, présenté au public en 2018 et ayant fait l'objet par la suite de plusieurs recours, Tropicalia devait être une serre de 20 000 m2 abritant des espèces exotiques d'animaux et de plantes, avec une promesse faite aux visiteurs : découvrir la biodiversité et le climat des tropiques depuis la Côte d'Opale, le projet devant être construit sur un terrain de la zone d'activités du Champ Gretz à Rang-du-Fliers et Verton.
(...)
Selon l'entrepreneur, ce ne sont pas les recours déposés contre Tropicalia qui ont eu raison du projet. Quoiqu'il en soit, les opposants à la serre se réjouissent de cette annonce. "Ça allait quand même artificialiser des terres, enfermer des animaux, créer des embouteillages", énumère Chantal Nicolaï, membre du collectif "Non à Tropicalia".
"Sincèrement, poursuit-elle, je pensais moi que ça n'allait pas se faire et je l'espérais même pour le promoteur : il y aurait peut-être eu un peu de tourisme de curiosité et de surprise, mais une fois qu'ils auraient vu quatre papillons, un reptile ou deux et une fausse cascade... je pense qu'il aurait fait faillite assez vite."
🍒 Des fermes régénératrices qui résistent mieux aux feux de forêt
Sergi a passé plus d'une décennie à préparer la défense de sa ferme face à l'aggravation des incendies de forêt en Espagne.
À Mas Les Vinyes, cela a impliqué de cartographier les zones les plus vulnérables, d'éliminer les pins, très inflammables, tout en conservant les chênes et chênes verts plus résistants au feu, d'utiliser des broyeurs pour transformer les branches mortes en fertilisant pour le sol et de faire pâturer le bétail sur l'herbe sèche avant qu'elle ne se transforme en combustible.
Deux bassins de décantation, qui contiennent à eux deux environ un million de litres d'eau, ont été aménagés dans le secteur ouest le plus exposé de la ferme. Ils servent de pare-feu et permettent aussi aux pompiers de raccorder leurs tuyaux.
"La chose la plus importante que nous puissions faire, c'est empêcher l'herbe de sécher et de s'accumuler, en la maintenant pâturée, et gérer le sous-bois avec des animaux", explique Sergi. "C'est la clé." Ces pratiques ont permis de tripler la matière organique des sols de la ferme, augmentant ainsi la capacité du terrain à retenir l'eau.
(...)
Sergi n'est pas le seul agriculteur à sécuriser ses terres grâce à des pratiques régénératrices, mais il est loin de représenter la majorité.Plus au sud, en Andalousie, Carmen Bueno, agricultrice et fondatrice de l'association d'agriculture régénératrice Serranías Vivas (source en anglais), a mis en place un plan de prévention des incendies en mai. Ses terres pâturées par des moutons et des chevaux n'ont pas été épargnées par les feux de cette année, mais elles ont été bien moins touchées que les exploitations voisines conventionnelles et les terrains publics.
Ses chênes-lièges eux-mêmes, bien que calcinés, semblent en bonne voie de se remettre. "La clé, c'est que nous n'avons pas retiré le liège au cours des 11 dernières années : le liège est la meilleure protection de l'arbre", explique-t-elle. "Même s'il paraît brûlé à l'extérieur, il protège l'arbre lui-même."
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Sur les parcelles où les moutons étaient déplacés chaque jour et utilisés pour débroussailler autour des bâtiments et régénérer les prairies, le feu a filé rapidement, explique-t-elle. Les arbres ont été touchés, mais ils vont s'en remettre.En revanche, sur les exploitations voisines où le pâturage n'était pas planifié, il y avait beaucoup plus de broussailles, le feu est resté plus longtemps et les arbres ont été bien plus endommagés : "certains ne se remettront pas", note Ana.
Les terres sans pâturage planifié ont subi les pires dégâts. "C'est là que le feu a vraiment pris", explique Ana. "Broussailles denses, dégâts massifs, replantation nécessaire et les pompiers ne pouvaient même pas accéder au site." (...) Ana relie directement cette situation au déclin de la transhumance, cette pratique séculaire qui consistait d'abord à suivre puis à conduire de grands troupeaux à travers le paysage. "Tout cela a pratiquement disparu aujourd'hui, dit-elle, et il y a des routes et des clôtures comme obstacles qui bloquent le pâturage en liberté."
Sans pâturage, d'immenses zones forestières deviennent impénétrables, si bien que lorsqu'un incendie s'y déclare, il ne peut être combattu que par les airs.
(...) Mais elle voit dans l'agriculture régénératrice "un rayon d'espoir". Une étude réalisée en 2023 auprès d'agriculteurs régénératifs en Espagne a montré que 93 % d'entre eux se déclaraient satisfaits de leur travail. "C'est un chiffre extraordinaire dans un secteur miné par la dépression et l'abandon", souligne Ana."L'agriculture régénératrice redonne de l'espoir, des outils et du lien au monde agricole : découvrir de nouveaux oiseaux, insectes et plantes sur ses terres, se connecter à d'autres agriculteurs passionnés, trouver des moyens concrets de réduire le risque de catastrophes comme les incendies de forêt. Il s'agit d'entretenir cet enthousiasme et de comprendre les outils pour mieux cultiver."
🍒 Marne : une parcelle régénératrice pour aider les abeilles face aux canicules
Au milieu des champs desséchés, une parcelle en fleurs sur laquelle butinent des abeilles en plein mois d'août : dans la Marne, un agriculteur a investi dans la plantation de légumineuses résistantes qui régénèrent les sols et offrent une oasis à la biodiversité.
« Sans pluie depuis deux mois et demi, la luzerne et le lotier ont bien poussé », se félicite Arnaud Billet en désignant les fleurs, violettes pour les premières et jaunes pour les secondes, sur sa parcelle entre champs jaunis et vignes à Bouleuse, petit village marnais proche de Reims. Il a planté ces légumineuses dans le même sol que du blé récolté il y a près d’un mois, selon des principes d’agriculture de conservation et de régénération des sols qu’il applique depuis 12 ans, après des débuts en agriculture conventionnelle. L’agriculture dite « régénératrice », basée sur des principes d’agronomie, doit permettre de réduire l’impact de l’humain sur la terre. Arnaud Billet n’a sur sa parcelle « pas de travail du sol » à effectuer, car en raison de leur enracinement très profond, les plantes choisies s’alimentent en eau dans les sous-sols. Elles sont ainsi plus résistantes face aux sécheresses et aux canicules, vouées à se répéter en raison du réchauffement climatique. Ce qui signifie aussi que « dès qu’il va pleuvoir, 100 % de l’eau va s’infiltrer (dans les sols, NDLR) et ça, pour l’environnement, c’est super », ajoute Arnaud Billet. En plus de rééquilibrer les sols, la floraison estivale de luzerne, sainfoin et lotier crée une oasis pour la biodiversité, et notamment pour les abeilles. Ces dernières sont essentielles à la pollinisation, elle-même centrale dans le cycle de vie des plantes et la production des fruits.
🍒 Ce pont suspendu centenaire inutilisé bientôt restauré pour les piétons et les vélos
Au nord d'Avignon, le pont des Arméniers qui enjambe un bras du Rhône se refait une beauté. Avec ses haubans hauts de 42 mètres, ce pont suspendu était une révolution à sa conception il y a pile un siècle, au point d'être classé monument historique. Mais son accès est interdit depuis 50 ans, son acier étant devenu trop fragile. Le département entreprend aujourd'hui de le restaurer, chaque pièce démontée, vérifiée et refabriquée si nécessaire. (...)
"En conseil municipal, mon arrière-grand-père a souhaité faire adopter le projet au niveau municipal puis ça n'a pas pu aboutir", relate Claude Reboul, agriculteur. Donc ils ont décidé avec ses ses collègues agriculteurs, les vieilles familles installées et la famille du Laurens d'Oiselay, de lancer une souscription interne pour faire ce pont."
Un pont privé pour faire circuler charrettes, récoltes et bientôt les vélos. En effet, donné à la mairie, l'ouvrage étroit servira bientôt de maillon essentiel à l'itinéraire cyclable, ViaRhôna.
"Le meilleur programme qui pouvait lui être attribué, c'était les modes doux, explique Thomas Tamisier, conducteur d'opérations en maîtrise d'ouvrage au département de Vaucluse. Donc piéton, vélo, pour une remise en service et une nouvelle utilité 100 ans plus tard".
🍒 Les alertes de déforestation en Amazonie tombées à leur plus bas niveau depuis 2013
La déforestation en Amazonie brésilienne a atteint son niveau le plus bas depuis 13 ans, selon de nouvelles données satellitaires de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) du Brésil, poursuivant ainsi une tendance à la baisse amorcée après le retour au pouvoir du président Luiz Inácio Lula da Silva en 2023.
Le système d’alerte DETER de l’INPE a détecté 2 874 kilomètres carrés de déforestation en Amazonie entre le 1er août 2025 et le 31 juillet 2026. Ce chiffre est inférieur de 36 % à celui de la période de 12 mois précédente et de 55,6 % à la moyenne de la décennie précédente. Ce total est le plus bas depuis que l’INPE a mis en place l’actuel système DETER en 2015. Si l’on inclut les données de son système précédent, la dernière fois que le nombre d’alertes a été aussi faible remonte à l’année de déforestation 2012/2013, au cours de laquelle 2 766 km² avaient été enregistrés.
(...)
Imazon, une association brésilienne à but non lucratif qui exploite son propre système d’alerte par satellite, a également signalé une baisse du déboisement ces dernières années. Son système utilise des méthodes différentes de celles du DETER, mais fournit une autre mesure de l’évolution de la perte forestière.Ce recul coïncide avec un renforcement de l’application de la législation environnementale sous le mandat de Lula. Son gouvernement a multiplié les opérations de contrôle, renforcé la surveillance, relancé les efforts de protection des territoires autochtones et conclu des accords avec les municipalités où la déforestation est la plus concentrée. Le Brésil s’est engagé à éliminer la déforestation illégale d’ici 2030.
🍒 La plus grande réserve naturelle souterraine de France bientôt classée
C'est un projet vieux de 20 ans qui pourrait bientôt voir le jour. Le projet de réserve naturelle souterraine de l'Ariège avance à grand pas. Il a obtenu l’avis favorable de la commission d’enquête publique à la fin de l'année 2025. Plusieurs étapes sont encore à franchir. Mais si tout se passe bien, le décret officialisant sa création pourrait intervenir courant 2027.
(...)
Cette réserve réunira alors 29 sites du département. Tous ont été choisis pour leur richesse. "Il y a des grottes, des rivières souterraines, des cours d'eau avec des espaces interstitiels qui abritent des espèces. C'est une sorte de collection de sites, explique Matthieu Cruège, le directeur du parc naturel régional des Pyrénées-Ariégeoises. Et chacun abrite des espèces remarquables."
🍒 2 500 wagons de métro sont devenus des récifs géants pour les poissons

Il ne s'agit ni d'un naufrage ni d'un accident en mer. C'est New York qui les a placées là exprès, soit plus de 2 500 voitures au total. Et les retombées sur les fonds marins se sont avérées bien plus importantes que prévu. Il s'avère qu'un train hors service constitue un habitat étonnamment propice pour les poissons.
La majeure partie des fonds marins près du littoral est constituée de sable plat et dégagé. Il n’y a pratiquement rien de solide auquel les petits organismes puissent s’accrocher ou se cacher. Sans abri, peu d’organismes parviennent à s’implanter dans ces zones. Les biologistes qualifient parfois ce fond dégagé de « désert marin ». Une seule structure rigide suffit à tout changer sur ce fond vide. Elle offre aux balanes et aux moules une surface sur laquelle se fixer.
(...)
L’exemple le mieux documenté se trouve au large de la côte du Delaware, à l’est de l’embouchure de l’Indian River. Il s’appelle Redbird Reef, du nom des trains peints en rouge qui l’ont constitué. Le Delaware y a coulé 714 rames de métro, ainsi que des chars, des remorqueurs et des barges. Les équipes ont ajouté environ 3 000 tonnes de vieux pneus de camion pour faire bonne mesure.L’ensemble du site se trouve à 16 miles au large et à 80 pieds de profondeur. Le programme étatique dédié aux récifs a ensuite recensé la faune et la flore qui s’y étaient installées. En seulement sept ans, la biomasse alimentaire du récif a été multipliée par environ 400. Ce chiffre a été comparé à celui du sable vide situé juste à côté. Concrètement, une zone stérile des fonds marins s’était transformée en une oasis grouillante de vie.
🔎 https://www.ecoportal.net/en/new-york-subway-cars-atlantic-artificial-reef-sea-life/31305/
ÉNERGIES
🍒 Trois terawatts de solaire cette année
Après avoir franchi la barre des 100 gigawatts en 2012, il a fallu 10 ans au monde entier pour déployer 1 térawatt d’énergie solaire. Il a fallu moins de trois ans pour installer 1 térawatt supplémentaire, soit une capacité suffisante pour couvrir la totalité de la demande électrique des États-Unis en période de pointe. Moins de deux ans plus tard, en 2026 — la date exacte fait l'objet de débats parmi les analystes —, le seuil des 3 térawatts a été franchi.
(...)
Les prévisionnistes sont tellement optimistes quant à l'avenir du solaire que, d'ici quelques années à peine, le cap des 3 térawatts semblera presque insignifiant. BNEF prévoit que le monde déploiera plus de 9 térawatts d'énergie solaire d'ici 2036.
L'article note que si dans un premier temps, le déploiement de centrales solaires était dû aux pays riches, la Chine et le sud global on plus que comblé le retard. Par ailleurs, l'installation de capacités de stockage semble désormais sur une dynamique de croissance comparable.
🍒 La Chine, hyperpuissance de la transition écologique
Le pays, pourtant encore de loin premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, occupe une place à part du fait de son effort en matière de transition énergétique.
Environ 55 % des panneaux installés dans le monde en 2024 ont été posés en Chine et, rien qu’en cinq mois, entre janvier et mai, 198 gigawatts (GW) de panneaux solaires ont été déployés sur le territoire chinois – un peu moins que la puissance installée cumulée aux Etats-Unis (239 GW). La Chine a ainsi franchi les 1 000 GW de panneaux solaires installés – elle peine à tenir le rythme de leur branchement au réseau – quand l’Union européenne (UE) était à 338 GW à la fin de l’année 2024. (...)
La protection de l’environnement devient une composante majeure des « plans quinquennaux » qui organisent les ambitions du gouvernement. A partir du douzième plan (2011-2015), la Chine désulfure massivement les centrales à charbon, responsables en grande partie des pluies acides et des particules fines et explore le déploiement de lignes à ultra-haute tension pour acheminer l’électricité verte des régions arides et ensoleillées de l’Ouest comme le Qinghai et le Xinjiang vers les centres industriels des régions côtières. (...)
Les producteurs de panneaux solaires se plaignent aussi de la difficulté à survivre, les groupes les plus puissants cassant en permanence les prix.Il y a du trop-plein, mais la Chine estime que c’est par la masse de sa production que les technologies vertes deviennent accessibles à l’échelle planétaire. Ses entreprises, en concurrence féroce entre elles, innovent sans cesse pour réduire les coûts, améliorer les performances et tenter de dégager une marge. (...)
L’empire du Milieu dispose de 80 % de la capacité de production de panneaux solaires dans le monde, de 60 % pour les éoliennes, il construit la moitié de la soixantaine de réacteurs nucléaires actuellement en chantier sur la planète et domine environ 70 % du marché mondial des batteries pour véhicules électriques. Son savoir-faire dans les batteries automobiles lui permet en retour de prendre l’avantage dans un autre secteur-clé : les armoires de stockage d’énergies de source intermittente, nécessaires pour rendre le solaire et l’éolien viables à grande échelle. (...)
« La force de traction de la transition énergétique n’est plus tant la politique que le marché. Des familles dont les revenus ne sont pas élevés peuvent désormais s’acheter une voiture électrique, tandis que le coût d’un champ de panneaux solaires ou d’éoliennes est devenu plus faible que celui de centrales au charbon ou au gaz naturel », constate Jiang Kejun, professeur en politiques climatiques sur le campus de Canton de l’Université des sciences et technologies de Hongkong. (...) La part du charbon a chuté dans sa consommation énergétique, passant de plus de 70 % en 2010 à 58 % en 2024, mais le pays en brûle toujours 40 % de plus que tout le reste de la planète réunie. Les observateurs se demandent quand cet effort massif dans les renouvelables se traduira enfin par une baisse de ses émissions. La Chine s’est engagée à atteindre le pic de ses émissions d’ici à 2030 et la neutralité carbone en 2060. Une étude du Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre, basé à Helskini, a constaté en mars que les émissions de la Chine ont baissé de 1 % sur un an. (...) Certes, le pays continue de choquer en construisant de nouvelles centrales au charbon, mais 80 % de la hausse de sa demande en électricité est désormais couverte par les énergies dites « propres », approchant ainsi du basculement si elle continue à installer du renouvelable à un tel rythme.
J'en remet une couche : 1% de baisse des émissions chinoise, c'est déjà beaucoup d'émissions en moins, comme 1 % d'impôt sur des multimilliardaires c'est beaucoup d'argent de pris (ya pas de lien direct, c'est pour donner une idée d'échelle à partir d'un point de comparaison plus connu).
🍒 Des chercheurs du MIT mettent au point une technique peu coûteuse pour extraire le lithium des roches
À l’heure actuelle, l’extraction du lithium à partir de roches dures est un processus très gourmand en énergie et générateur de nombreux déchets, souvent bien plus coûteux que l’extraction à partir de saumures, qui présente toutefois d’importants inconvénients environnementaux. Actuellement, l’extraction du lithium à partir de roches dures consiste à cuire la roche à plus de 1 000 °C, puis à la soumettre à une lixiviation chimique pour en extraire le lithium. Le reste de la roche est mis au rebut.
Aujourd’hui, une équipe de chercheurs du MIT et d’autres institutions a mis au point un procédé à basse température permettant d’extraire du lithium de qualité batterie à partir du type réactif liquide pour dissoudre la roche en ses composants utiles : non seulement des sels de lithium prêts à l’emploi pour les batteries, mais aussi de l’alumine de qualité métallurgique et de la silice prête à l’emploi pour le ciment. Une fois les minéraux extraits, le solvant et le réactif peuvent être récupérés et réutilisés, ce qui réduit la production de déchets à un niveau proche de zéro.
Les chercheurs estiment que ce procédé en circuit fermé coûte deux fois moins cher que l’extraction traditionnelle du lithium à partir de roches dures et qu’il pourrait devenir aussi compétitif en termes de coûts que l’extraction du lithium à partir de saumures.
Un article décrivant ce procédé a été publié aujourd’hui dans la revue Science. Les chercheurs ont déjà commencé à commercialiser cette technologie par l’intermédiaire d’une spin-off du MIT, Rock Zero.
🔎 https://news.mit.edu/2026/mit-researchers-develop-low-cost-technique-lithium-from-rocks-0528
SCIENCES
🍒 En quoi échanger le doomscrolling contre la lecture de contenus constructifs aide à mieux prendre part à la protection de la planète
Remplacer les reportages environnementaux alarmistes par des récits porteurs d’espoir et axés sur les solutions pourrait s’avérer essentiel pour lutter contre la crise climatique, selon une étude primée menée par l’Université Charles Darwin (CDU).
Le Dr Awni Etaywe, maître de conférences en linguistique (Faculté des arts et des sciences sociales) à la CDU, et le Dr Jennifer Pinkerton, maître de conférences en médias et journalisme (Faculté des arts et des sciences sociales) à la CDU, ont identifié un style de reportage qui incite à l’action en présentant les défis environnementaux sous l’angle de la bienveillance, des valeurs communes et des possibilités. Les chercheurs appellent cela le « journalisme environnemental positif » (PEJ).
L’étude montre que lorsque les reportages environnementaux mettent l’accent sur les possibilités plutôt que sur les catastrophes, cela peut renforcer l’engagement du public envers les questions climatiques et de biodiversité, en encourageant les lecteurs à se considérer comme faisant partie de la solution.
Le Dr Etaywe a déclaré que le PEJ offre une alternative constructive au cadre alarmiste traditionnel souvent observé dans le journalisme environnemental grand public. « Si l’on répète sans cesse aux gens que la situation est désespérée, ils se désengagent », a-t-il expliqué. « Lorsque nous mettons l’accent sur les solutions, les valeurs communes et les actions concrètes, nous ouvrons la voie à un changement de comportement durable. »
Cette étude a analysé 30 articles d’actualité en ligne provenant de médias tels que ABC News Online, Guardian Australia et News.com.au. Elle a révélé que les articles qui entrainaient le plus de réactions par les lecteurs utilisaient un langage qui créait des liens écoculturels (un sentiment d’appartenance reliant l’identité et l’action au monde naturel) plutôt que de miser sur la peur.
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« Il s’agit d’une feuille de route visant à repenser la communication sur le climat et la biodiversité, afin de faire évoluer le discours, passant du désespoir à l’autonomisation », a déclaré le Dr Etaywe.« Si nous voulons que le public passe à l’action, nous devons raconter des histoires qui montrent que le changement est possible. »
🔎 https://phys.org/news/2025-08-reframing-doom-news-key-tackling.html
🍒 La cartographie des « rivières du ciel » au-dessus de l’Amérique du Sud
Des rivières invisibles déferlent dans le ciel, nourrissant la planète grâce à une source « invisible mais vitale » d’humidité atmosphérique qui se transforme en pluie.
Les rivières aériennes, également appelées « rivières du ciel » ou « rivières volantes », ont une influence hydrologique bien plus importante que leurs homologues, les rivières atmosphériques, plus petites mais potentiellement mieux connues, qui sont épisodiques et de courte durée. En revanche, les rivières aériennes constituent des confluences persistantes de voies de transport d’humidité dans l’atmosphère, qui incarnent les effets cumulés du vent – des brises marines aux jets de basse altitude – ainsi que des rivières atmosphériques susmentionnées.
Elles soutiennent les écosystèmes à l’échelle climatologique et traversent le globe. Des recherches antérieures, par exemple, ont retracé les voies d’humidité qui alimentent le Pakistan et ont révélé qu’elles s’étendent de la Scandinavie à Madagascar.
Cartographier – puis gérer – ces systèmes d’arrosage aériens devient de plus en plus crucial pour la durabilité de l’eau dans un monde confronté aux effets de réchauffement et d’assèchement du changement climatique. Ainsi, dans une nouvelle étude de grande envergure, des chercheurs ont utilisé la modélisation mathématique et des données climatiques d’observation pour analyser les réseaux de rivières aériennes qui alimentent l’Amérique du Sud.Les chercheurs ont identifié les bassins en amont essentiels du continent, c’est-à-dire les sources d’humidité dominantes qui alimentent les rivières aériennes en eau qui s’infiltre dans les mers, s’évapore du sol et s’échappe de la végétation sous forme de « transpiration végétale ».
Ils ont également identifié ce que l'on appelle les « points de basculement », au-delà desquels l'intensité de l'apport d'humidité en amont vers une région donnée diminue fortement. Enfin, ils ont classé et cartographié les types de « rivières aériennes » qui surplombent le continent sud-américain, en déterminant globalement la distance parcourue par ces rivières, leur vitesse d'écoulement et le volume d'eau qu'elles déversent sous forme de pluie.(...)
Quelle que soit la direction dans laquelle s'écoulent ces rivières aériennes, certaines stratégies de conservation s'imposent.
La préservation des forêts et le reboisement constituent des objectifs de gestion essentiels, en particulier dans les bassins situés au vent, afin d'augmenter la teneur en humidité des rivières aériennes qui, espérons-le, déverseront des trombes de pluie nourricière sur ces terres relativement arides.« Par exemple, des recherches montrent que la déforestation dans les régions situées au vent de l’Ucayali, au Pérou, peut contribuer à une réduction de 5 à 13 % des précipitations annuelles et à une diminution de 19 à 50 % du ruissellement annuel dans la région via les rivières aériennes », écrivent les chercheurs.
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Dans l’ensemble, la quantification et le suivi de l’humidité à l’échelle continentale constituent un outil potentiellement inestimable pour élaborer des stratégies de gestion de l’eau à l’échelle mondiale dans un avenir incertain, avec pour objectif ultime d’inverser la tendance à la « faillite hydrique mondiale ».
« Cela souligne l’importance d’intégrer les rivières aériennes dans les cadres de gestion de l’eau », concluent les chercheurs.
Nouveau challenge : faire comprendre aux FNSEA et aux bétonneurs du monde entier que déboiser, c'est s’appauvrir.
🍒 Les excréments des poissons-perroquets protègent les Maldives

Tout a commencé il y a six ans, lorsque Shaha Hashim a commencé à voir des publications sur les réseaux sociaux : des espèces vulnérables et protégées étaient pêchées dans tous les atolls des Maldives, et certaines se retrouvaient même sur les marchés aux poissons. Parmi ces espèces figuraient notamment le bénitier (genre Tridacna), le napoléon (Cheilinus undulatus) et même certaines espèces de poissons-perroquets (sous-famille des Scarinae). Ces espèces n’étaient historiquement pas ciblées par les pêcheurs maldiviens, mais leur popularité n’avait cessé de croître au cours de la dernière décennie. La situation a atteint son paroxysme au cœur de la pandémie de COVID-19, alors que les employés du secteur touristique étaient licenciés des complexes hôteliers et que la pêche gagnait en popularité, tant comme loisir que comme moyen de gagner sa vie et de se nourrir.
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Hashim a déclaré que les poissons-perroquets étaient particulièrement préoccupants. À l’époque, ils ne faisaient pas partie des espèces protégées, bien qu’ils jouent un rôle clé dans le recyclage des sédiments et la création de nouveaux habitats pour les récifs coralliens. Les protéger, c’est préserver l’accrétion : un processus sédimentaire important étroitement lié à la résilience et à la gestion naturelle des atolls.
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Une étude publiée en 2015 dans la revue Geology a révélé que les poissons-perroquets étaient responsables de la production de plus de 85 % du sable des récifs extérieurs entourant les îles des Maldives. Au-delà de la production de sédiments, les poissons-perroquets contribuent à l’expansion des récifs en se nourrissant d’algues sur les surfaces privilégiées où les bébés coraux, appelés planules, peuvent s’ancrer et se développer.
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En collaboration avec la Blue Marine Foundation, MRR a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux : #FishForTomorrow. L’objectif était de diffuser des informations sur les rôles écologiques importants joués par les différentes espèces qui commençaient à faire leur apparition sur les marchés. L’organisation a publié des données sur la durée de vie des poissons-perroquets, la quantité de sédiments qu’ils produisent et la manière dont ils contribuent à faire de la place aux bébés coraux. Cette campagne communautaire est devenue virale sur les réseaux sociaux, a déclaré Hashim à Mongabay.
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L'élan de soutien local en faveur de la campagne a poussé le ministère de la Pêche, de l'Agriculture et des Ressources océaniques à adopter une nouvelle loi en 2020, interdisant la « capture, la pêche, la récolte et la mise à mort » de toutes les espèces de poissons-perroquets dans les eaux maldiviennes. Cela faisait des années que la dernière interdiction de pêche avait été adoptée, en 1995, concernant le napoléon (Crassilabrus undulatus).
🔎 https://news.mongabay.com/2026/08/how-social-media-and-parrotfish-poop-are-protecting-the-maldives/
🍒 Après vingt-sept ans de recherche, ces médicaments vont révolutionner le traitement de nombreuses maladies
La plupart [des médicaments actuels] agissent en se fixant sur une protéine impliquée dans une maladie pour bloquer son activité. (...) La marge de manœuvre est limitée. Pour être efficaces, ils doivent se fixer sur une zone très précise, appelée site actif, afin de bloquer le fonctionnement de la molécule. Problème, de nombreuses protéines pathogènes ne possèdent tout simplement pas de site actif accessible.
Les PROTAC, eux, contournent complètement cette limite en exploitant un mécanisme naturel des cellules. Ces dernières possèdent un système de recyclage extrêmement efficace. Lorsqu'une protéine est abîmée ou défectueuse, elle reçoit une petite étiquette moléculaire indiquant qu'elle doit être détruite. Elle est alors envoyée vers le protéasome, une sorte de broyeur moléculaire, qui la démonte afin d'en recycler les composants.
(...) Au lieu d'essayer de bloquer la protéine, ils se contentent de la désigner au système de recyclage de la cellule. Mieux encore, ils peuvent cibler des protéines pathogènes jusque-là inaccessibles aux médicaments classiques. De plus, une seule molécule de PROTAC peut répéter l'opération des dizaines de fois.
Les PROTAC ont été imaginés par les chercheurs Craig Crews et Raymond Deshaies en 1998. Près de trente ans plus tard, un premier traitement a (enfin) été approuvé: le vepdegestrant, destiné à lutter contre certaines formes de cancer du sein. Lors des essais cliniques, ce dernier s'est montré plus efficace que les traitements classiques chez des patientes dont la maladie était devenue résistante. Un début plutôt encourageant.
Aujourd'hui, des dizaines d'essais cliniques évaluent des PROTAC contre différents cancers, et également contre des maladies inflammatoires, neurodégénératives et auto-immunes. C'est tout un nouveau pan de la médecine qui s'ouvre: des milliers de protéines jusqu'ici considérées comme hors de portée sont désormais atteignables et attaquables.
🍒 Modifier le microbiote pour augmenter l'efficacité des chimiothérapies
L'étude s'est intéressée aux chimiothérapies à base de nanoparticules. Ce type de traitement consiste à transporter des médicaments anticancéreux à l'intérieur de minuscules capsules pour cibler de façon précise les tumeurs.
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Malheureusement, une grande partie du traitement n'atteint jamais la tumeur car des cellules immunitaires se trouvant dans le foie (les cellules de Kupffer) s'attaquent aux particules médicamenteuses et les éliminent de l'organisme.
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Pour contourner ce mécanisme de défense et augmenter l'efficacité de la chimiothérapie, les chercheurs ont modifié la composition du microbiote intestinal par un court traitement antibiotique par métronidazole. Leurs tests ont été menés sur des modèles précliniques (cellules in vitro et animaux).
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Le traitement antibiotique de courte durée a permis de quasiment doubler la durée de circulation de la chimiothérapie à base de nanoparticules, d'augmenter l'accumulation du médicament dans les tumeurs et d'améliorer la survie dans plusieurs types de cancers.
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Leur activité ayant été ralentie, les cellules de Kupffer ont éliminé moins de nanoparticules du médicament de chimiothérapie. Cela a permis une circulation prolongée du traitement et son accumulation dans la tumeur cancéreuse. Résultat, la croissance de la tumeur a considérablement diminué et une survie prolongée a été observée dans les modèles précliniques de cancers du côlon, du sein, du pancréas et de mélanome.
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Ces résultats constituent une piste prometteuse pour une application chez l'humain. En effet, le métronidazole est un antibiotique déjà très utilisé et son profil de sécurité est bien établi. Son administration sur une courte durée, associée à une chimiothérapie à base de nanoparticules est une stratégie envisageable à court terme pour les essais cliniques.
🍒 Des lentilles de contact « auto-réparatrices » réparent les rayures en une heure d’exposition aux rayons UV
Des lentilles de contact rayées impliquent souvent un remplacement coûteux, même si les dommages sont mineurs. Des chercheurs sud-coréens ont désormais mis au point un matériau « auto-réparateur » capable de réparer ces minuscules imperfections en une heure d’exposition aux rayons ultraviolets, ouvrant ainsi la voie à des lentilles de contact souples plus durables.
Ce nouveau matériau à base d’hydrogel se régénère à température ambiante et pourrait à terme aider les porteurs à prolonger la durée de vie de leurs lentilles, au lieu de les jeter après une utilisation quotidienne. Cette technologie intègre également un revêtement protecteur résistant aux rayures et aux bactéries, ajoutant ainsi un niveau supplémentaire de durabilité aux futurs modèles.
🔎 https://interestingengineering.com/innovation/self-healing-contact-lens-uv-light-hydrogel
🍒 Une étude révèle que les produits laitiers entiers apportent des bienfaits sans augmenter la masse graisseuse ni le taux de cholestérol
Les conclusions d’une étude de 12 semaines menée auprès de 74 adultes montrent que trois portions quotidiennes de produits laitiers entiers peuvent être intégrées à l’alimentation sans avoir d’effet négatif sur le poids ou la composition corporelle, le métabolisme énergétique ou le taux de lipides sanguins. Ces résultats ont été publiés récemment dans The Journal of Nutrition.
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Anderson, professeur de sciences nutritionnelles à la Faculté de médecine Temerty de l’Université de Toronto, affirme que de nombreuses études menées chez l’homme n’ont trouvé aucun lien entre la consommation de produits laitiers entiers et des effets négatifs sur la santé. Certaines études — notamment des recherches récentes menées par Kozeta Milliku, professeure à la Faculté de médecine Temerty — ont également fait état d’effets positifs, voire protecteurs, liés à la consommation de produits laitiers.Dans la présente étude, 74 adultes en surpoids ou obèses ont été répartis de manière aléatoire dans l’un des trois régimes suivants : régime pauvre en produits laitiers et à apport calorique restreint ; régime à apport énergétique neutre avec trois portions quotidiennes de produits laitiers ; ou régime sans restriction avec trois portions quotidiennes de produits laitiers. Les participants ont également reçu des conseils pour suivre le Guide alimentaire canadien et se sont vu fournir des produits laitiers entiers pour les besoins de l’étude.
Au bout de 12 semaines, les chercheurs n’ont pas observé de différences significatives en termes de prise de poids, de composition corporelle ou de taux de cholestérol entre les participants ayant suivi un régime pauvre en produits laitiers et ceux ayant consommé trois portions quotidiennes de produits laitiers. En revanche, les participants ayant consommé davantage de produits laitiers ont vu leur tension artérielle s’améliorer et ont présenté un apport plus élevé en calcium, en protéines et en vitamine D.
Selon lui et d’autres chercheurs, le décalage entre les effets néfastes attendus des graisses saturées présentes dans les produits laitiers et les effets neutres ou positifs rapportés par les études menées chez l’homme pourrait s’expliquer par l’hypothèse de la matrice laitière, qui postule que la structure physique des produits laitiers influence la façon dont les nutriments qu’ils contiennent sont digérés et leur impact sur l’organisme.
« Les produits laitiers contiennent deux protéines — la caséine et le lactosérum — qui sont liées entre elles par des graisses et mélangées à des nutriments », explique M. Anderson.
C'est cette structure physique unique et complexe qui, selon lui, est responsable de la libération lente et régulière des nutriments contenus dans les produits laitiers et qui étend leurs effets bénéfiques pour la santé au-delà de la simple somme des nutriments pris isolément.
Pour les végans, la question n'est évidemment pas là, et c'est plus qu'entendable. Je relève quand même pour que les gens ayant recours aux régimes mélangent le moins possible privation de plaisir et santé : les bonnes résolutions tiennent mieux quand elles ne sont pas inutilement punitives...
🍒 La récupération des eaux de pluie sur les toits pourrait réduire le nombre de jours de canicule et diminuer la dépendance à la climatisation
Une nouvelle étude menée par l’université de Manchester, au Royaume-Uni, a mis au point un système permettant de stocker l’eau de pluie récupérée sur les toits et de la pulvériser automatiquement sur les bâtiments par temps chaud.
Cette étude, publiée dans la revue scientifique Earth’s Future, a montré que des toits plus frais transféraient moins de chaleur à l’intérieur des bâtiments, ce qui réduisait les besoins en climatisation et, par conséquent, la consommation d’énergie habituellement nécessaire au refroidissement.
Une utilisation moindre de la climatisation signifie également moins de chaleur dissipée dans la ville. Selon les chercheurs, ces effets combinés pourraient contribuer à réduire les températures urbaines, diminuant ainsi le nombre global de jours de canicule et atténuant l’intensité des épisodes de chaleur extrême. (...) Cette étude, qui a pris la ville de Tokyo comme cas d’étude, suggère que le moment auquel les arroseurs étaient activés – par exemple, lorsque le toit atteignait une certaine température – avait un impact plus important que la taille du réservoir ou la quantité d’eau pulvérisée.
Elle a également montré que « plus grand » ne signifie pas toujours « meilleur ». En effet, les très grands réservoirs n’ont permis d’obtenir que des « réductions supplémentaires modestes » de la consommation d’énergie et de la chaleur extrême, tandis que l’apport d’eau supplémentaire n’a pas toujours entraîné un refroidissement accru, car une partie de cette eau restait sur le toit au lieu de s’évaporer.
(...) Les chercheurs affirment que cette approche pourrait aider les autorités locales et les urbanistes à évaluer comment les systèmes de refroidissement à base d’eau de pluie pourraient fonctionner dans leurs propres régions, tout en tenant compte de considérations pratiques telles que le coût, la disponibilité en eau et les réglementations locales.
🍒 Cette brique stocke l’eau de pluie pour faire baisser la température des maisons de 4°
GreenBrick n’est pas un nouveau support pour accrocher des plantes. L’idée est bien plus subtile : transformer la brique elle-même en support vivant, capable de retenir l’eau de pluie et de contribuer naturellement au rafraîchissement des bâtiments. Pour le moment, il s’agit encore d’un programme de recherche, sans prix de commercialisation annoncé. (...)
Contrairement à une brique classique, GreenBrick possède une forme spécialement étudiée pour accueillir des végétaux. Sa structure est également pensée pour retenir une partie de l’eau de pluie. En quelque sorte, chaque élément de la brique devient une petite réserve d’eau. Lorsque les plantes en ont besoin, cette humidité est progressivement restituée. Le système fonctionne un peu comme une éponge qui se gorge d’eau pendant une averse avant de la redistribuer doucement. Sincèrement, à chaque épisode de fortes chaleurs, on entend parler de récupération d’eau de pluie, de limitation des arrosages ou encore de végétalisation des villes. Ici, plusieurs idées se retrouvent réunies dans un seul matériau.
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Grâce au phénomène naturel d’évaporation de l’eau contenue dans les végétaux, les chercheurs espèrent réduire la température autour des bâtiments. Les premiers essais et simulations évoquent une baisse pouvant atteindre 4 °C à proximité immédiate des façades.
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Le système a été imaginé pour fonctionner principalement avec l’eau de pluie récupérée dans un circuit fermé. Les premiers résultats indiquent qu’environ 1,3 litre d’eau par mètre carré et par jour suffirait, soit moins que certaines solutions de végétalisation déjà existantes.
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Le principe repose sur des modules indépendants. Si l’un d’eux est endommagé, il peut être remplacé sans démonter toute la façade. Les éléments peuvent aussi être retirés, réutilisés ou adaptés au fil du temps. Autre point intéressant : cette solution n’est pas réservée aux constructions neuves. Les équipes travaillent également sur une intégration dans des bâtiments existants. Les chercheurs indiquent même que cette façade pourrait être associée à d’autres systèmes rapportés, comme des panneaux solaires. 🔎 https://www.neozone.org/innovation/cette-brique-stocke-leau-de-pluie-pour-faire-baisser-la-temperature-des-maisons-de-4/
ADIOS...
🍒 Des sculptures de Shen Lie-Yi

🔎 https://www.shenlieyi.com/water
Et gais rossignols et merles moqueurs seront tous en fête.